UltraViolet, un DRM de plus

By | 13 décembre 2016

On le sait déjà très bien, mais je le rappelle : les DRM ont un long passif derrière eux. Échecs et frustration des consommateurs en tête.

Et puis un jour… UltraViolet entre en scène.
UltraViolet, c’est quoi ?

C’est un DRM, qui a la particularité de ne pas nous limiter à un type de support. Si j’achète un film (en DVD/Blu-Ray ou en copie digitale) qui utilise ce DRM je pourrais le regarder sur le portable, sur mon ordi, le prêter à ma famille du moment qu’ils utilisent mon compte UltraViolet (ce qui empêche la duplication).

Les droits de l’utilisateur sur la copie seront vérifiés en cloud et cela nécessitera donc une connexion internet à chaque fois qu’elle sera utilisée.

En gros c’est comme Steam, mais pour le “contenu” audiovisuel. Si vous êtes un gamer, vous connaissez donc déjà ce type de fonctionnement, et vous savez aussi que c’est un moyen commode de tuer le marché de l’occasion : pas moyen de revendre la copie achetée si on en veut plus.

Une prison dorée maintenue par beaucoup de geôliers.

Bien sûr, la plateforme qui va assurer le fonctionnement de ce DRM est mise en place par un consortium composé d’acteurs de l’industrie culturelle et technologique, donc il ne faut pas trop rêver : si votre matériel est créé par quelqu’un d’autre que ceux-là, vous pourrez aller vous gratter pour regarder votre film.

En d’autres termes : c’est un système interopérable, mais fermé.

Puisqu’on parle de ces fameux acteurs, ils sont au nombre de 43, avec entre autres Microsoft, Sony, Adobe, Warner Bros, la Fox ou encore Paramount.

Le pire c’est que ça pourrait marcher.

Même si le système est fermé, on peut voir qu’on a là un très grand nombre d’acteurs technologiques, ce qui assure une certaine variété matérielle pour pouvoir regarder des vidéos sous UltraViolet.

De plus, comme je l’ai dit, le système s’apparente à Steam, et malgré les critiques qui visent parfois ce dernier, il se trouve que le service a du succès. Il se peut qu’UltraViolet suive le même chemin.
Une éthique moins bancale… mais toujours bancale…

ultraviolet-2

Deux problèmes éthiques sont résolus à moitié avec ce service :

Pas possible d’exercer son droit à la copie privée avec un DRM ? Maintenant si, à condition que le DRM reste présent et que tout soit donc accessible sous le même compte UltraViolet.
Les DRM limitent l’usage et la compatibilité du produit acheté ? C’est beaucoup moins le cas maintenant, même s’il reste des exceptions (le matos de ceux qui ne font pas partie du consortium).

Il reste le problème de l’atteinte à la vie privée, car le système (s’il fonctionne comme Steam) permet de savoir quelles vidéos on a acheté, quand on les regarde, combien de fois en moyenne, etc…

C’est aussi un pas de plus vers une informatique de plus en plus restrictive, car malgré le semblant de liberté donné au consommateur, cela reste une prison dorée.

J’extrapole, mais je vois aussi ça comme un coup de couteau dans le dos de futurs concurrents : imaginez que ce système ait du succès… qui irait acheter le matériel d’un nouvel entrant sur le marché s’il ne peut pas voir de vidéos UltraViolées (haha désolé :) ) sur celui-ci ?

Bref, il y a des chances pour que le système soit rapidement contourné par des hackers talentueux et que les gens y trouvent leur compte tout en ayant l’option de contourner la chose, mais une chose est sûre : ça sent pas si bon que ça pour le consommateur.

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